Bouvine et traditions locales

Bouvine

« Jouer ici avec son dieu qui porte la mort et donne l’ivresse, le dompter, le voir là, fasciné, décocardé et impuissant, quelle tentation pour un homme ! "

 

Marie Mauron «Le taureau, ce Dieu qui combat» Editions Albin Michel

 



 

Cent taureaux de Camargue appartenant à différentes manades sont lâchés dans les rues de Beaucaire, à proximité des arènes. 

Nous sommes en plein été, la fête votive « Les Estivales «, bat son plein. Des milliers de spectateurs - acteurs jouent à avoir peur, à se faire peur, avec ces Minautores, ces dieux qui donnent l’ivresse, qui déboulent à toute vitesse.

D’abord lâchés par grappes de dix, ils laissent s’exprimer leur nervosité souple et joyeuse, leur intelligence vive face aux attrapaïres, ces jeunes et moins jeunes qui tentent de les séparer afin d’en maîtriser l’un d’eux.

L’exercice n’est pas facile et beaucoup se retrouvent à terre ou dans l’ambulance ...

Enfin vient le moment attendu. Les cent taureaux regroupés vont parcourir les quelque centaines de mètres qui les séparent des arènes où ils seront rassemblés pour le tri. Il n’est plus question de jouer. Le spectacle est grandiose et le frisson de peur parcourt la foule, hautement respectueuse. Devant elle, portant lyre haute (les cornes), la pointe légèrement et splendidement recourbée en arrière, la reversado, le groupe déboule, libérant la poussière de l’asphalte.

 

C’est ce taureau que nous avons reçu de Crète, 6 000 ans avant notre ère, pour l’adorer, le sacrifier, mais aussi pour en jouer avec ce mélange au moins curieux de joie, de transe, de respect, d’amour, de peur...

 

Marie Mauron, Le Taureau ce Dieu qui combat. Albin Michel, 1949.



 

Course "libre" ou "à la cocarde"

Encierro en Beaucaire

Finale Trophée des As, Nîmes 2014

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